“Le secteur belge de l’événementiel s’exporte aussi bien que la bière ou le chocolat”
17 novembre 20252025 est une année charnière pour OFCORES. Dans un secteur qui a connu ces dernières années ses plus grandes évolutions depuis des décennies, nous faisons le point avec les Managing Partners Jean-Baptiste De Bock, Sofie Smits et Jo Dalm. Un regard croisé sur les grandes tendances, leur parcours et leur vision pour l’avenir.
Pourquoi, en 2025, les entreprises, associations et instances publiques devraient-elles encore investir dans des événements en présentiel ?
Jean-Baptiste De Bock : « À vrai dire, c’est encore plus nécessaire qu’avant. Que ce soit dans le monde corporate ou dans un contexte institutionnel, créer du lien reste essentiel. Nous travaillons davantage à distance, entre réunions en ligne et télétravail… ce qui rend les rencontres physiques d’autant plus précieuses. Les interactions émotionnelles ont un impact beaucoup plus puissant et laissent une empreinte durable. C’est vrai pour tous types d’événements. De plus, un événement crée un cadre plus informel pour échanger. »
Sofie Smits : « Les événements sont aussi un moteur de partage de connaissances et de cohésion d’équipe, sans oublier la force d’une expérience de marque mémorable. Faire vivre aux participants les valeurs, la culture et la vision d’une organisation est un atout incomparable. L’importance de tels événements ne peut tout simplement pas être surestimée. »
De l’expérience à la durabilité
Quelle est, selon vous, l’évolution majeure du secteur depuis la création d’OFCORES en 2012 ?
Jo Dalm : « Malgré le besoin toujours fort de contacts en présentiel, il est devenu plus difficile d’inciter les gens à se déplacer pour un événement ou un salon. Les participants continuent à être intéressés, mais ils sont devenus plus exigeants : ils privilégient la qualité à la quantité. Aujourd’hui, un événement doit être une véritable expérience, qui stimule tous les sens. »
Sofie Smits : « De plus, tous les événements sont désormais largement relayés sur les réseaux sociaux. Ils doivent donc se démarquer non seulement par leur contenu, mais aussi visuellement. Le niveau d’exigence ne cesse d’augmenter. »
Jo Dalm : « Cela a évidemment un impact sur les budgets, qui sont souvent plus élevés. Parallèlement, la durabilité – ou ESG, pour les initiés – n’est plus une option. Chez OFCORES, nous privilégions le recours à des matériaux recyclables et nous nous efforçons de réduire l’empreinte écologique partout où c’est possible. Même en matière de restauration, les habitudes ont changé : il faut toujours prévoir des menus végétariens et végans. Tout cela peut influencer les budgets, et c’est à nous d’en assurer le suivi. »
Jean-Baptiste De Bock : « Heureusement, la technologie permet d’améliorer l’efficacité. Outils de gestion d’événements, applis, systèmes de check-in, QR codes, plateformes de streaming, expériences AR/VR… Aujourd’hui, tous ces dispositifs sont déployés pour presque chaque événement. Ces solutions nous aident aussi à collecter et à analyser les données, pour proposer un contenu toujours plus personnalisé et mesurer avec précision le retour sur investissement. »
Sofie Smits : « J’ajouterais que les participants à un salon ou à un congrès s’attendent désormais à trouver des espaces de réunion ou des phone booths. Depuis la pandémie, notre manière de travailler a profondément changé : le télétravail s’est généralisé et les réunions ou appels ne se font plus uniquement au bureau. Les événements doivent s’adapter à cette réalité. »
La data et l’IA transforment le secteur
Et quelles évolutions anticipez-vous pour les prochaines années ?
Sofie Smits : « La tendance la plus marquante sera l’importance croissante des données pour nos clients. Nous nous attendons à une focalisation encore plus forte sur la technologie. De nouveaux outils permettront d’aller encore plus loin en matière de data et d’analyse. Nous sommes là pour accompagner nos clients et les aider à exploiter tout ce potentiel. »
Jo Dalm : « L’impact majeur des prochaines années viendra sans doute de l’IA. Elle va simplifier l’organisation des événements, ce qui transformera aussi le rôle des agences. Nous deviendrons encore plus un partenaire stratégique, créatif et logistique pour nos clients. »
Jean-Baptiste De Bock : « Ce que nous vivons actuellement est en grande partie l’héritage de la crise sanitaire. Beaucoup de professionnels expérimentés ont quitté le secteur, et on le ressent encore, que ce soit dans les sites événementiels, les hôtels, les traiteurs ou chez les prestataires techniques. Nous avons la chance de pouvoir compter sur une équipe qui combine expérience et jeunes talents motivés, tous animés par une forte culture du service et du client. Aujourd’hui, cela n’a rien d’évident. D’ailleurs, la fonction d’Event Manager figure toujours dans le top 10 des métiers les plus stressants. Un grand bravo à notre équipe ! »
Vous êtes très tournés vers l’international. Quelles différences voyez-vous entre les événements en Belgique et ceux organisés ailleurs ?
Jo Dalm : « Le niveau des événements en Belgique est extrêmement élevé. Résultat : de nombreuses entreprises et organisations internationales font appel à des agences belges pour leurs projets partout dans le monde. Aujourd’hui, l’expertise prime sur la localisation géographique. Par exemple, nous accompagnons un client basé à Singapour pour ses événements à l’échelle mondiale. Notre mission ? Allier expertise technique et sens du détail. Nous visons toujours le même niveau d’exigence, où que nous soyons, et nous repoussons constamment nos standards. »
Jean-Baptiste De Bock : « Cela montre à quel point organiser un événement implique de nombreuses dimensions : repérage de lieux, inscriptions, catering, construction de stands… sans oublier la création d’une expérience qui stimule tous les sens. Une agence doit être un véritable "couteau suisse". Et c’est vrai, la Belgique se distingue par son haut niveau de professionnalisme. Cela s’explique notamment par notre taille : nous sommes un petit pays, mais nous comptons de nombreuses institutions et de grandes entreprises. Sans oublier notre atout majeur : le multilinguisme. Je pense qu’on peut vraiment dire que l’événementiel est un produit d’exportation belge, au même titre que la bière ou le chocolat. »
Du full-service au marketing expérientiel
Comment OFCORES se démarque-t-elle des autres agences ?
Sofie Smits : « Les événements sont avant tout une question de connexion – et c’est aussi vrai pour une agence. Chez OFCORES, nous misons énormément sur le lien entre notre équipe et nos clients. Comment ? Nous intégrons des experts qui viennent compléter l’expertise interne de nos clients, afin de garantir une gestion complète du projet. Nous ne nous contentons pas d’exécuter une mission : nous réfléchissons avec eux et nous nous impliquons dès le départ. En interne, nous avons opté pour une structure très horizontale. Nous sommes directement impliqués dans la gestion quotidienne et l’organisation de chaque événement. Nous veillons à ce qu’au moins l’un d’entre nous trois soit personnellement impliqué sur chaque projet. C’est ce qui crée une connexion naturelle et authentique avec nos clients. »
Plus tôt dans l’interview, vous disiez qu’une agence événementielle devait être un véritable « couteau suisse ». Comment continuez-vous à évoluer pour le rester ?
Jo Dalm : « Nous avons évolué vers une agence full service. Qu’est-ce que cela veut dire ? Tout commence bien sûr par la gestion complète d’un événement, de A à Z. Mais à côté de ce pilier central, nous proposons trois autres services qui enrichissent et renforcent l’expérience globale. D’abord, il y a la communication efficace : avant, pendant et après l’événement, nous mettons tout en place pour maximiser l’impact et la portée du projet. »
« Ensuite, nous développons un volet d’experiential marketing. L’objectif est de créer un lien émotionnel fort entre la marque et son public, en les impliquant activement dans l’expérience. On se souvient toujours mieux d’une expérience que d’une publicité. Comme les attentes des participants sont plus élevées que jamais, il faut soigner chaque détail : de l’expérience d’accueil aux scanners dernière génération à l’entrée, capables d’imprimer en temps réel. »
« Enfin, le troisième pilier est la technologie. Depuis la création d’OFCORES, nous avons une vraie passion pour l’innovation. Nous intégrons en continu de nouvelles technologies, nous faisons de la recherche et nous testons régulièrement des outils pour rester à la pointe. »
Une année charnière marquée de nombreuses ambitions
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre évolution et vos ambitions ?
Sofie Smits : « 2025 est vraiment une année charnière pour nous. Jo a rejoint notre direction en tant que troisième associé. Il est actif dans le secteur des salons et événements depuis des années, et travaille avec nous depuis 2021. »
Jean-Baptiste De Bock : « Nous voulions renforcer notre structure managériale, pour transformer les pics – typiques dans notre secteur – en vagues plus régulières et mieux gérées. Jo apporte une expertise supplémentaire et un regard neuf. »
Sofie Smits : « Nous avons également déménagé dans les Wivina Offices, un ancien couvent à Dilbeek. Enfin, l’équipe s’est agrandie : nous comptons aujourd’hui 14 collaborateurs fixes, épaulés par plusieurs freelances, ce qui porte l’effectif total à environ 20 personnes. »
Cela signifie que vous tablez sur une croissance. Pourquoi en êtes-vous convaincus ?
Jo Dalm : « Nous sommes convaincus que notre profil unique va nous amener encore plus de missions. En tant qu’agence belge, nous organisons bien sûr de nombreux projets corporate et institutionnels en Belgique. Mais la moitié de nos événements se déroule à l’étranger : en Europe, aux États-Unis, en Asie ou encore en Afrique. Cette expérience nous donne la certitude que nous pouvons continuer à nous diversifier. Aujourd’hui, nous maîtrisons toutes les facettes des projets corporate et institutionnels : des congrès et conférences, en passant par les salons et expositions, jusqu’aux teambuildings et autres événements d’entreprise. Et la croissance est déjà tangible : en 2024, nous avons organisé environ 80 événements, et après le premier semestre 2025, nous en sommes déjà à près de 60. »
Quel est votre objectif final ?
Jean-Baptiste De Bock : « Nous voulons mettre toute l’expertise que nous avons accumulée au service de nouveaux clients, tout en incitant nos clients actuels à considérer l’événementiel comme un investissement stratégique, et non comme un simple poste de coût. En tant que partenaire, notre rôle est de mettre la barre toujours plus haut et de dépasser les attentes. »
Jo Dalm : « Au-delà de la croissance auprès des clients institutionnels, nous voulons devenir un véritable partenaire 360° pour les clients corporate, en leur offrant l’ensemble du spectre événementiel, en Belgique comme à l’étranger. Nous n’avons pas pour ambition de devenir la plus grande agence événementielle, mais plutôt d’être le partenaire le plus apprécié, celui qui fait la différence à chaque projet. »
Sofie Smits : « Et tout au long de ce parcours, nous voulons surtout vivre des moments inoubliables et fun avec nos partenaires et notre équipe. C’est essentiel pour continuer à exercer ce métier avec passion. »