Audiovisuel

Sep 23, 2026, 2:49
De la diapositive aux expériences immersives : 40 ans d'évolution de l'audiovisuel événementiel au travers du parcours d'ADC Production

De la diapositive aux expériences immersives : 40 ans d'évolution de l'audiovisuel événementiel au travers du parcours d'ADC Production

22 septembre 2026

Lorsqu'il fonde ADC Production à la fin des années 1980, Daniel Van Ruyssevelt est loin d'imaginer à quel point son métier va se transformer. À cette époque, les présentations se font encore à l'aide de projecteurs de diapositives, les écrans LED n'existent pas et Internet n'a pas encore bouleversé la communication. Près de quarante ans plus tard, l'entreprise familiale conçoit des expériences audiovisuelles immersives, maîtrise les technologies de projection les plus avancées et s'interroge déjà sur les apports de l'intelligence artificielle. Entre ces deux époques, une constante : la capacité à anticiper les mutations d'un secteur en perpétuelle évolution.

« Nous sommes passés d'un artisanat à une véritable profession », résume Daniel Van Ruyssevelt. Une phrase qui, à elle seule, raconte autant l'histoire d'ADC Production que celle de l'ensemble du secteur audiovisuel événementiel.

D'une passion à un métier

Les débuts d'ADC Production sont ceux d'un entrepreneur passionné par l'image et les possibilités offertes par les nouvelles technologies. À la fin des années 1980, le métier de prestataire audiovisuel est encore peu structuré. Les moyens techniques sont limités, les événements reposent largement sur des projections de diapositives synchronisées, et les équipes travaillent souvent de manière artisanale.

Très vite pourtant, Daniel Van Ruyssevelt comprend que l'avenir passera par une montée en gamme permanente. Chaque innovation représente une opportunité de proposer de nouvelles expériences aux clients, mais aussi un risque : investir dans des technologies encore peu répandues exige une vision à long terme. Cette capacité à regarder un peu plus loin que le marché deviendra l'un des fils conducteurs du développement d'ADC Production.

Investir avant les autres

Au fil de la conversation, un constat s'impose : si l'entreprise a traversé près de quarante ans de mutations technologiques, ce n'est pas par hasard.

À plusieurs reprises, Daniel Van Ruyssevelt raconte comment ADC Production a choisi d'investir avant que certaines technologies ne deviennent des standards. Il évoque notamment les concerts monumentaux de Jean-Michel Jarre, véritable révélation quant aux possibilités offertes par les grandes projections. Quelques années plus tard, l'entreprise mise sur des solutions de Christie Digital à une époque où d'autres acteurs privilégient des marques plus établies. Puis viendront les écrans LED, le vidéo mapping, les projecteurs laser RGB ou encore les dispositifs immersifs.

À chaque étape, la logique reste la même : observer les évolutions du marché, comprendre les attentes émergentes des clients et oser investir avant que la demande ne soit pleinement installée. « Si l'on attend que tout le monde y aille, il est déjà trop tard », résume-t-il en substance.

Quand la technologie change le métier

Au-delà des équipements, c'est la nature même du métier qui s'est transformée. Autrefois, le prestataire était avant tout un fournisseur de matériel. Aujourd'hui, les clients attendent un partenaire capable de concevoir une expérience globale.

Les événements sont devenus plus complexes, plus créatifs et beaucoup plus exigeants sur le plan technique. Les délais se sont raccourcis, tandis que les budgets, eux, ne suivent pas toujours la même évolution. « On nous demande davantage, dans des délais plus courts », constate Daniel Van Ruyssevelt.

Cette évolution oblige les entreprises comme ADC Production à élargir sans cesse leurs compétences. Il ne s'agit plus seulement de maîtriser des équipements audiovisuels, mais aussi de conseiller les organisateurs, d'anticiper les contraintes techniques et d'intégrer des disciplines de plus en plus variées. « Aujourd'hui, la technologie est presque devenue invisible. Ce que le client retient, c'est l'expérience vécue. »

« Aujourd'hui, la technologie est presque devenue invisible. Ce que le client retient, c'est l'expérience vécue. »

Le Covid, accélérateur plutôt que parenthèse

S'il fallait identifier un véritable tournant récent, Daniel Van Ruyssevelt cite sans hésiter la crise sanitaire. Comme tout le secteur événementiel, ADC Production voit alors son activité s'arrêter brutalement. Mais plutôt que d'attendre la reprise, l'entreprise transforme une partie de ses infrastructures en studios destinés aux productions en ligne et aux événements hybrides.

Avec le recul, il estime que la pandémie a surtout accéléré des évolutions déjà en cours. Les événements hybrides ont trouvé leur place dans certains contextes, les outils numériques se sont imposés et les attentes des clients ont évolué. Pour autant, le présentiel conserve, selon lui, une valeur irremplaçable. « Rien ne remplace les échanges humains, les rencontres informelles et le networking qui font la richesse d'un événement physique. » Le Covid n'a donc pas remplacé l'événementiel traditionnel ; il l'a enrichi de nouveaux formats.

Derrière la technique, l'humain

Malgré les évolutions technologiques, Daniel Van Ruyssevelt insiste régulièrement sur un aspect qui, lui, n'a jamais changé : la relation avec les clients. L'entreprise résume d'ailleurs cette philosophie par une formule simple : « Big enough to produce, small enough to care. » Autrement dit, disposer des moyens nécessaires pour gérer des productions d'envergure tout en conservant la proximité d'une structure à taille humaine.

Cette approche se retrouve dans la manière dont ADC accompagne ses clients, mais aussi dans sa volonté constante d'investir dans les compétences de ses équipes. Car derrière chaque innovation technologique se cache toujours un facteur humain : des techniciens capables de maîtriser des outils de plus en plus sophistiqués, mais aussi d'imaginer des solutions lorsque les imprévus surviennent.

Nuit blanche à Moscou

Les imprévus, Daniel Van Ruyssevelt en a connus plus d'un au cours de sa carrière. Parmi les souvenirs qui l'ont le plus marqué figure une production organisée à Moscou, dans un contexte politique particulièrement tendu.

Sur place, les mesures de sécurité sont exceptionnelles. Des snipers sont positionnés sur les toits alentour et la moindre décision logistique peut avoir des conséquences importantes sur le déroulement de l'événement. « C'est probablement l'un des projets qui m'a donné le plus de cheveux blancs », reconnaît-il avec le sourire.

Au-delà de l'anecdote, cet épisode illustre une réalité souvent méconnue du métier : derrière quelques heures de spectacle ou de conférence se cachent parfois des mois de préparation, des dizaines d'intervenants et une gestion permanente des imprévus. C'est aussi cette capacité à garder son sang-froid, quelles que soient les circonstances, qui fait la différence entre un simple prestataire technique et un véritable partenaire de confiance.

Former les talents de demain

Si les investissements matériels ont toujours accompagné le développement d'ADC Production, Daniel Van Ruyssevelt estime que le principal défi des prochaines années sera avant tout humain. Les technologies évoluent à un rythme soutenu, mais encore faut-il disposer de professionnels capables de les maîtriser. Or, le secteur peine à recruter des profils qualifiés.

Il regrette notamment que la Belgique ne dispose pas encore de filières de formation aussi développées que la France pour les métiers techniques de l'événementiel. À ses yeux, cette reconnaissance est indispensable pour continuer à professionnaliser un secteur devenu extrêmement pointu.

Investir dans les équipements est essentiel, mais investir dans les compétences l'est tout autant. Car la valeur ajoutée d'une entreprise comme ADC Production ne repose pas uniquement sur son parc matériel ; elle réside aussi dans le savoir-faire des femmes et des hommes qui le mettent en œuvre.

« Rien ne remplace les échanges humains, les rencontres informelles et le networking qui font la richesse d'un événement physique. »

Une nouvelle révolution est déjà en marche

Aujourd'hui, l'intelligence artificielle s'invite à son tour dans les discussions. Daniel Van Ruyssevelt l'aborde avec pragmatisme. Comme toutes les innovations qui l'ont précédée, elle représente à la fois une opportunité et un défi. Certaines tâches pourront être automatisées, les processus gagneront en efficacité, mais la créativité, le conseil et la compréhension des besoins des clients resteront profondément humains.

L'enjeu sera donc moins de remplacer les compétences que de les faire évoluer. À cela s'ajoutent d'autres défis : continuer à investir au bon moment, maintenir un haut niveau d'expertise et accompagner une nouvelle génération de professionnels dans un secteur où les technologies se renouvellent sans cesse. Car l'histoire d'ADC Production montre une chose : dans ce métier, attendre n'a jamais été une stratégie.

Une histoire qui se transmet

Alors qu'ADC Production s'apprête à franchir le cap des quarante ans, une nouvelle page est en train de s'écrire. Daniel Van Ruyssevelt prépare progressivement la transmission de l'entreprise à ses deux fils, Louis et Arthur, qui reprendront le flambeau aux côtés d'un troisième associé : Grégory Mille, chef de projet intégré dans l’entreprise depuis de longues années. Une évolution qu'il aborde avec confiance, convaincu que l'entreprise continuera à grandir tout en restant fidèle à son ADN.

Il ne parle d'ailleurs ni de retraite ni de nostalgie. Ce qui l'anime reste intact : la curiosité. « La curiosité est le premier vecteur de connaissance. » Une conviction qui résume finalement assez bien le parcours d'ADC Production. Depuis près de quatre décennies, l'entreprise a traversé toutes les grandes révolutions de l'audiovisuel événementiel. Non pas en cherchant à suivre les tendances, mais en s'efforçant de comprendre, avant les autres, ce qu'elles allaient changer.

Au fond, les projecteurs de diapositives, les écrans LED, le vidéo mapping, les studios virtuels ou l'intelligence artificielle ne sont que les chapitres successifs d'une même histoire. Depuis près de quarante ans, ce qui fait avancer ADC Production n'est pas tant la technologie que la curiosité, la capacité d'adaptation et la volonté de transmettre un savoir-faire.

Et c'est peut-être là la plus belle leçon de cette aventure entrepreneuriale : dans un secteur où tout évolue sans cesse, les innovations passent, mais les valeurs, elles, continuent d'éclairer le chemin.

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