Event management

Oct 20, 2026, 12:17
Le secteur en deux questions

Le secteur en deux questions

20 octobre 2026

Dans chaque numéro d’Experience Magazine, nous donnons la parole à trois professionnels du secteur MICE. À travers un mini-interview en deux questions, ils partagent leur regard sur les tendances et évolutions du moment. Dans cet épisode : Nils Legein (Artfood), Carl Vulsteke (beMatrix) et Kristof Duran (be•at).

Nils Legein, Artfood

Quelles compétences ou quels profils sont devenus indispensables pour un traiteur événementiel ?
« Les chefs, les maîtres d'hôtel et le personnel de salle restent évidemment le cœur de tout événement. Mais aujourd'hui, nous avons également besoin de profils qui dépassent les compétences classiques de la restauration : des personnes disposant d'une expertise technique, analytique ou RSE, capables de faire le lien entre les équipes et les processus, et comprenant parfaitement la dynamique d'une entreprise de catering événementiel. Grâce à leur maîtrise des outils ERP, elles optimisent les processus et inscrivent la démarche durable au cœur des opérations, pour davantage d’efficacité, de fiabilité et de responsabilité. Ce sont aussi des personnes qui fédèrent les équipes, harmonisent les systèmes et obtiennent des résultats immédiatement mesurables, que ce soit en matière d'efficacité opérationnelle ou d'impact environnemental, avec, par exemple, un calcul de l'empreinte carbone de l’événement disponible en un clic. Ces profils sont essentiels pour faire passer un bon traiteur au niveau de l'excellence, conjuguant avec naturel savoir-faire, innovation, qualité et durabilité. »

Où en est réellement le secteur en matière de durabilité ? Et qu’est-ce qui reste problématique ?
« Le secteur revendique de plus en plus une philosophie durable, mais cela se limite encore trop souvent à de belles intentions ou à des initiatives isolées. De nombreux acteurs affichent leur engagement, mais l'impact réel n’est pas toujours au rendez-vous. Chez Artfood, nous privilégions l'action. La durabilité est progressivement intégrée dans nos processus, des achats au déroulement concret sur le terrain, en nous appuyant notamment sur les référentiels ISO 20121 et B Corp. Nous tenons nos engagements et nous communiquons sur ce que nous accomplissons, avec des résultats mesurables et visibles pour l'ensemble de nos parties prenantes. Mais la durabilité ne peut fonctionner que si toute la chaîne s'implique. Les fournisseurs comme les partenaires doivent jouer un rôle actif. C'est à cette condition que les intentions se transforment en résultats concrets, plutôt qu'en simple exercice de communication. »

Carl Vulsteke, beMatrix

Où en est réellement le secteur en matière de durabilité ? Et qu’est-ce qui reste problématique ?

« Le secteur a énormément progressé en dix ans, mais il reste du pain sur la planche. Cela fait maintenant vingt ans que je travaille dans le secteur des stands, et je constate que les mentalités évoluent : les clients posent davantage de questions, la durabilité est devenue un sujet récurrent et les systèmes réutilisables gagnent du terrain. Dans la pratique, cela reste toutefois compliqué. Notre secteur repose sur la rapidité et l'éphémère, ce qui fait que beaucoup de matériaux ne servent encore qu'une seule fois. On parle beaucoup de durabilité, mais on mesure encore trop peu les résultats. Sans données, cela reste subjectif.

Chez beMatrix, cette transition est engagée depuis longtemps : nous misons sur la construction modulaire, la réutilisation, l'aluminium recyclé et le suivi précis de notre empreinte carbone. Ce n'est pas du marketing, c'est simplement notre manière de travailler. Mais nous ne pouvons pas agir seuls. Si toute la chaîne — de la conception au transport — n'évolue pas dans le même sens, les progrès resteront limités. Tout repose sur des choix structurels en faveur de la circularité, mais aussi sur la volonté de mesurer les résultats, afin que les paroles se traduisent en actes. »

Quelles tendances structurent le secteur en 2026 ?

« Ce qui frappe sur le marché belge de l'événementiel et de la construction de stands, c'est sa professionnalisation et son internationalisation croissantes. Les clients sont plus exigeants et attendent davantage de flexibilité, tandis que les délais se raccourcissent. Les systèmes modulaires et réutilisables sont en progression, car les entreprises veulent pouvoir passer rapidement d'un site à l'autre. Le rôle de la technologie s’accentue également. Les écrans LED, les contenus numériques et les éléments interactifs sont presque devenus la norme. Et dernier élément : la guerre des talents est bien réelle. Il est de plus en plus difficile de recruter de bonnes équipes de montage et des concepteurs qualifiés, mettant plus que jamais en lumière l’importance de la formation et de l'efficacité opérationnelle. Le secteur évolue rapidement : plus numérique, plus international et plus attentif à la réutilisation des ressources. »

Kristof Duran, Director Marketing Communications be•at

Quelles tendances structurent le secteur en 2026 ?

« Nous venons de réaliser, au sein de notre groupe, une étude particulièrement intéressante sur les attentes et le vécu des fans lors des événements. Il en ressort très clairement que les événements sont devenus de véritables lieux de rencontre, d'identité et de communauté. Les fans recherchent des expériences qui transcendent les générations et les origines, et qui leur donnent le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand qu'eux. Aujourd'hui, on ne participe plus uniquement à un événement pour voir un artiste, mais aussi pour vivre une expérience collective. Autre tendance marquante : le besoin de déconnexion. Les gens souhaitent s'éloigner des écrans, de la pression quotidienne et du bruit numérique. Ils veulent être pleinement présents, vivre des émotions fortes et se créer des souvenirs durables. C'est ce qui rend le divertissement live plus pertinent et plus précieux que jamais. »

Quels sont les atouts essentiels d’un lieu événementiel moderne ?

« Un lieu événementiel moderne doit être suffisamment flexible et ouvert sur l'avenir pour répondre à l'évolution des attentes des fans et des visiteurs. Il doit rester pertinent pour des générations et des publics aux motivations très différentes, sans perdre sa propre identité. Un contenu de qualité et une production impeccable restent évidemment indispensables, mais cela ne suffit plus. La véritable différence se joue désormais dans l'expérience globale : une ambiance immersive, un confort irréprochable à chaque étape et un parcours fluide, depuis l'arrivée jusqu'au retour à la maison. Les lieux qui parviennent à conjuguer émotion, énergie et convivialité, tout en étant inclusifs et capables d'offrir des expériences premium, n’obtiennent pas seulement des visiteurs satisfaits : ils construisent une fidélité à long terme. »